La Dépêche du Midi est un quotidien régional français diffusé dans la
région Midi-Pyrénées (
Ariège, Aveyron,
Haute-Garonne,
Gers,
Lot,
Hautes-Pyrénées,
Tarn,
Tarn-et-Garonne), ainsi que dans les départements de l'
Aude et de
Lot-et-Garonne à environ 200 000 exemplaires en 2006, pour 17 éditions quotidiennes différentes. Il est historiquement lié au radicalisme en Midi-Pyrénées.
Le quotidien appartient au Groupe La Dépêche, dont le PDG est Jean-Michel Baylet. Il emploie environ 1 000 personnes dont 200 journalistes professionnels et quelque 2 000 correspondants locaux.
Historique
Le premier numéro de
La Dépêche de Toulouse paraît le 2 octobre 1870, à l'initiative d'ouvriers de l'imprimerie Sirven à Toulouse. Sa vocation au départ était de publier des dépêches de guerre pour donner des nouvelles du front aux femmes de soldats. Après la guerre, le titre survit et se développe en élargissant son domaine d'information. Il atteint 15 000 exemplaires 9 ans plus tard. Deux cousins ariégeois le rachètent en 1882 et ont l'idée de lancer une édition pour chaque département de la région.
La période de l'entre-deux guerres sera pour La Dépêche un "âge d'or", tant pour sa diffusion que pour le prestige et la qualité de sa rédaction qui lui confèrent une influence nationale. En 1887, Jean Jaurès, déjà engagé politiquement, y fait ses premières armes de journaliste. Le titre de presse accueillera également un autre journaliste politicien : Georges Clemenceau, avant qu'il ne rejoigne L’Aurore. Un moment antidreyfusard, le journal finit par se rallier à la cause en faveur de la révision du procès.
De part ses origines et ses plumes, La Dépêche ne cache pas son engagement dans une gauche radical socialiste. Aussi au début du XXe siècle, des évêques considéreront comme un "péché grave" la lecture de ce titre. Maurice Sarraut, sénateur radical de l'Aude (1869-1943), prend les rênes du journal, en devenant son directeur administratif (1909) puis le propriétaire (1932).
Elle connut ses heures noires pendant l'occupation. Le quotidien passe sous le contrôle de collaborationnistes. Maurice Sarraut, qui a perdu toute influence sur le journal, est assassiné par la Milice en décembre 1943. Son frère, Albert Sarraut est déporté peu après.
Interdit de publication à la libération (1944), le titre ressort en 1947 sous le nom de La Dépêche du Midi. Dans sa lignée radicale, il soutient naturellement le cabinet de Pierre Mendès France, s'oppose au référendum constitutionnel de 1958, soutient François Mitterrand aux présidentielles de 1965.
Entre 1959 et 1971, l'ancien chef de la police de Vichy René Bousquet, responsable notamment de la rafle du Vel'd'Hiv', fait partie du conseil d'administration du journal. Il animera même la rédaction aux côtés de la veuve de Jean Baylet.
Suite à une tentative d'acquisition par Maurice de Rothschild, Jean-Baptiste Chaumeil, entrepreneur en travaux publics et maire radical de Valence-d'Agen, entre dans le capital du groupe, avant que la famille Baylet n'en hérite.
| Titre | 1879 | 1881 | 1906 | 1914 | 1925 | 1943 | 1955 | 1967 | 1996 | 2003 | 2006 |
| La Dépêche du Midi | 15 000 | 27 000 | 159 000 | 215 000 | 217 000 | 310 000 | 215 000 | 280 000 | 202 000 | 200 000 | 197 607 |
Voir aussi
Source
Notes et références